Fiche récapitulative : Les registres littéraires :
- Registre pathétique : le mot « pathétique » vient du grec « pathos » qui signifie « souffrance ». Les textes pathétiques présentent des personnages susceptibles de toucher le lecteur (enfant, vieillard…), une situation douloureuse qui fait naître la tristesse et la pitié : misère, maladie, danger, accident mortel…
Procédés : supplication, lamentation, interrogations et exclamations, lexique de l’émotion, l’hyperbole, l’énumération.
- Registre comique : Le comique repose toujours sur un décalage amusant, qui s’exprime par des moyens différents. Il prend de nombreuses formes comme le burlesque, la parodie, la farce, l’humour, l’ironie.
Procédés : les jeux de mots, les changements de niveaux de langue, le bouleversement de la syntaxe.
- Registre élégiaque : L’élégie est un long poème lyrique qui exprime une plainte. Le registre élégiaque est proche du registre lyrique car il cherche également la proximité avec un destinataire, mais il exprime le regret (du temps qui passe, des amours enfuies), la nostalgie, le sentiment du deuil.
Procédés : l’apostrophe, le champ lexical du regret, les jeux sur les rythmes, les sonorités…
- Registre épique : Ce registre est hérité de l’épopée, long poème qui, dans l’Antiquité et au Moyen-Âge, racontait les aventures guerrières de héros hors du commun (L’Iliade, L’Odyssée, La Chanson de Roland). Les textes épiques cherchent à susciter l’admiration ; ils décrivent un combat : un affrontement entre les hommes (la guerre, le combat), un déchaînement des éléments (une tempête), un dépassement de soi (un exploit).
Procédés : l’emphase, l’amplification, l’accumulation et l’énumération, l’exclamation, les comparaisons et métaphores, les hyperboles, les chiffres éloquents.
- Registre didactique : Les textes didactiques cherchent à enseigner quelque chose, ou à expliquer précisément une procédure, comme dans une recette de cuisine ou un mode d’emploi.
Procédés : phrases brèves, courtes, vocabulaire précis, utilisation de l’impératif.
- Registre fantastique : Le fantastique désigne les textes (ou les filmes) dans lesquels le héros est confronté à un phénomène étrange, inexplicable et angoissant. L’angoisse réside essentiellement dans l’impossibilité, pour le narrateur et le lecteur, de savoir si les faits inhabituels font toujours partie du réel ou s’ils relèvent du surnaturel (ex : Le Horla de Maupassant).
Procédés : Champ lexical de la peur, images, connotations et métaphores sinistres, macabres. Effets de suspens.
- Registre tragique : Il repose sur une situation sans issue, dans laquelle les personnages se comportent avec héroïsme en acceptant un destin fatal. Cette fatalité repose sur l’intervention d’une force supérieure ou d’une divinité, une obligation morale (l’honneur, la liberté, que le héros doit défendre), l’emprise d’une passion. Le héros tragique est noble, exceptionnel, lucide, courageux.
Procédés : Le langage est soutenu, le lexique est chargé d’affectivité, avec présence du réseau lexical de la mort, de la fatalité ; les exclamations et interrogations expriment le désarroi du héros accablé.
- Registre réaliste : Ce registre cherche à exprimer le réel le plus fidèlement possible, en mettant en scène des personnages réalistes dans des milieux et des décors banals (une maison d’ouvrier, les travaux des champs, l’usine, les scènes de mariage). Le réalisme peut reposer aussi sur les descriptions du corps, évoqué dans ses besoins les plus primaires, et dans la maladie ou la mort.
Procédés : la précision des détails historiques ou sociologiques, la description minutieuse des lieux, des objets, des personnages, l’utilisation d’un lexique particulier (argot, patois, jargon d’une profession), d’une syntaxe relâchée.
- Registre lyrique : Le lyrisme vient du mot « lyre », un instrument de musique à cordes dont le poète se sert, dans la mythologie, pour charmer hommes et dieux (Cf. mythe d’Orphée). Le registre lyrique correspond à l’expression musicale de sentiments personnels. Ces sentiments peuvent être l’amour et le bonheur d’une communion avec la nature. Un texte lyrique recherche une intimité avec le lecteur : on trouve des marques de la première personne (je, mon, mes) et des marques de sollicitations (tu, vous, ton…).
Procédés : un lexique à charge affective, exclamations et interrogations, anaphore, hyperbole, gradation, apostrophe, situation d’énonciation.
- Registre oratoire : Ce registre est lié à la forme du discours : il cherche à retenir l’attention d’un auditoire, à le mobiliser en utilisant tous les procédés de la rhétorique. Procédés : le rythme de la phrase, les questions rhétoriques, les apostrophes, les images évocatrices (comparaisons, métaphores).
-Registre didactique : Le registre didactique se rapporte à tout texte qui apporte une leçon, parfois suivie d’une morale. Les procédés utilisés sont des phrases courtes, l’utilisation d’exemples, un vocabulaire technique, une tonalité injonctive.
- Registre polémique : Le texte polémique aborde un sujet brûlant, soumis à controverse, dans un esprit de combat : l’auteur va chercher à éveiller les consciences et amener son lecteur à adhérer à son parti. Les procédés utilisés sont des questions rhétoriques, des exclamations, l’emphase, l’opposition de deux vocabulaires (mélioratif et péjoratif).
- Registre satirique : Il s’agit une polémique plus railleuse, plus mordante qui fait sourire le lecteur par une critique plus ouverte et ironique.
Les procédés sont l’exagération (caricature), les familiarités, un vocabulaire péjoratif voire outrageux.
- Registre laudatif : Il s’agit d’un texte qui loue, fait l’éloge de quelqu’un ou de quelque chose. Les procédés sont un vocabulaire mélioratif, des tournures emphatiques, des accumulations, des énumérations.
- Registre burlesque : On y traite des sujets élevés de façon familière (ex : textes de Rabelais).
Les procédés employés sont : le goût du contraste, l’animalisation des hommes et la personnification des animaux, un vocabulaire inapproprié, des événements racontés de façon mécanique, la caricature…
- Registre fantastique : C’est la création d’une ambiance angoissante liée au doute, aux phénomènes inexplicables.
Les procédés utilisés sont le vocabulaire de la peur, une description subjective et trouble, la focalisation interne, le suspens.
- Registre ironique : Le texte ironique invite le lecteur à se moquer d’une cible désignée (personne, personnage, idée ou chose). L’ironie repose sur différents procédés de décalage (sujet sérieux / registre léger ; accord feint avec la thèse rejetée ; démonstration logique à partir de propositions absurdes…).